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Territoires et collectivités territoriales : de nouvelles perspectives

par Jacques Godfrain

jeudi 30 octobre 2003

Je me réjouis toujours des nouvelles initiatives mettant en avant des expériences pratiques.

Un Sommet mondial, et plus particulièrement celui pour la Société de l’information, peut sembler distant, éloigné des sujets de préoccupation des acteurs de l’économie numérique et des simples internautes. Mais il n’en est rien.

Tout d’abord, ce Sommet fait largement appel aux contributions de la société civile. Le « tour de France des territoires » en est l’une des preuves. En tant que parlementaire, je fais partie d’une « famille » identifiée de la société civile. Mais d’autres associations - françaises et étrangères - apportent leurs réflexions : plus de 2000 ont été listées !

Ensuite, les différentes réunions de préparation « prepcom » témoignent de la volonté des parties à tenir compte des propositions. Si les dernières rencontres de septembre n’ont pu aboutir dans les délais prévus et s’il a été nécessaire d’organiser de nouvelles réunions, c’est bien la démonstration de ce souhait de trouver un consensus. L’exercice n’est jamais facile car il est bien difficile de vouloir satisfaire tout le monde.

Enfin, le sujet est d’importance car il est question de solidarité et de rapprochement des cultures, de la fameuse « réduction de la fracture numérique ». J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le Président Adama Samassekou à l’Unesco le 15 juillet dernier et j’ai été particulièrement sensible à son image : « la nécessité de ne pas s’en tenir à la sécheresse du concept de la société de l’information, et qu’on arrive à parler de plus en plus de société de la connaissance et des savoirs partagés ». J’ai été confronté à ce genre de situation lorsque j’étais ministre de la coopération et j’en ai tiré une expérience fabuleuse : il est plus important d’écouter que de vouloir, à tout prix, imposer sa vision. En écoutant d’abord puis en agissant, bien sûr.

Puisque le « tour de France des territoires » fait étape à Cahors le 30 octobre, prenons pour exemple la région Midi-Pyrénées.

En tant qu’élu d’un département rural, l’Aveyron, je connais les problèmes rencontrés par les entreprises, j’ai bien conscience des disparités et parfois des inégalités qu’elles rencontrent en fonction du lieu où elles exercent leur activité.

Le haut débit est tout à fait à propos car il est parfaitement en phase avec le dernier Comité Interministériel d’Aménagement et de Développement du Territoire qu’a réuni le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin le 3 septembre, et qui s’est exclusivement intéressé au monde rural. On parle souvent de « fracture numérique » entre le nord et le sud… Cette fracture existe aussi en France et au sein même de notre Région. Il est nécessaire de la réduire en désenclavant les zones rurales. Il faut généraliser le haut débit dans ses formes les plus répandues (l’adsl et le câble) et en encourageant les technologies alternatives (le réseau hertzien, le courant porteur en ligne et le satellite).

Aujourd’hui, ce qui est important, c’est aussi de pouvoir retenir les entreprises qui sont déjà installées. Bien sûr, en attirer d’autres… mais parfois il faut savoir aussi retenir celles qui sont confrontées à des choix économiques et qui préféreront s’installer ici plutôt que là parce qu’elles ont le sentiment de ne pas être comprises. Je crois que les engagements du Comité interministériel vont y contribuer. C’est en tout cas ma conviction personnelle : les entreprises, les dirigeants et les salariés, doivent être fières du rôle qu’ils ont, du rôle qu’ils jouent non seulement pour l’économie mais également pour la cohésion d’un territoire… et j’aimerais dire d’une « terre de réussite ».

Le haut débit en général, et en particulier le haut débit pour tous, est un fabuleux défi et je dirais même une aventure car notre quotidien va être bouleversé.

Est-ce utopique de souhaiter que le quotidien de tout le monde soit bouleversé ? Certainement encore aujourd’hui si l’on se réfère aux travaux préparatoires du Sommet mondial. 91 % des utilisateurs de l’internet ne représentaient que 19 % de la population mondiale, il y a quelques mois. Le Sommet se donne jusqu’en novembre 2005, à Tunis, pour faire évoluer cet environnement, et que l’utopie se transforme, si ce n’est en rêve, en situation tolérable, et ce dans le respect des intérêts de chacun.

Jacques Godfrain,
Ancien ministre de la coopération,
Député-maire de Millau (Aveyron, Midi-Pyrénées),
Président de l’Association Francophone d’Amitié et de Liaison,
Membre du Haut Conseil de la Coopération Internationale.

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