Gouvernance de l’internet et société de la connaissance
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De la société en réseaux à la société de l’information

par Philippe Batreau

mercredi 7 juillet 2004, par Philippe Batreau

Société en réseaux, société de l’information, nouvelle économie, intelligence collective, cyberculture, cyberespace, bulle financière, civile ou sociale, les termes se bousculent pour décrypter un monde en pleine révolution.

La révolution technologique qui se déroule sous nos yeux n’est qu’un aperçu du grand chambardement d’un monde de plus en plus réticulaire.

La vitesse devient mot d’ordre là où il faut être "up-to-date" pour préserver sa compétitivité.

L’accès au réseau comme la maîtrise des flux sont devenus des enjeux de société, comme nous le montre les attentes des citoyens, des agents économiques, les restructurations industrielles, les politiques publiques d’infrastructure.

Le droit conçu pour un territoire délimité se dissout dans un monde sans frontières.

La société de l’information est une émanation, aboutissement de cette mise en réseaux qui nous libère et nous enchaîne. A la fois cause et effet, catalyseur et produit d’un monde réticulaire, l’internet est devenu cet outil de communication et d’information qui se développe chaque jour d’avantage.

Les collectivités locales qui en ont compris les enjeux ont mis en place des politiques publiques volontaristes en ce domaine et se retrouvent dans les lieux d’échanges et de réseau.

L’illettrisme de demain sera, voire est déjà, la non-maîtrise de ces nouveaux outils, nouvelles façons de travailler, de s’organiser.

L’ignorance de ce qui se déroule sous nos yeux est génératrice de peurs, de fantasmes, de repli sur soi, d’incompréhension.

Chaque élément de la société, citoyen, entreprise, association, institutions, professionnels, devient sujet et objet de la société de l’information.

Pour ne pas subir le monde de demain, il faut le construire.

A défaut d’un développement raisonné, concerté, construit sur des valeurs de solidarité, d’équité, de développement durable, la société de l’information reproduit naturellement les fractures sociales, géographiques, les inégalités.

L’objectif affiché du Sommet Mondial pour la Société de l’Information est de « parvenir progressivement aux objectifs de développement arrêtés à l’échelle internationale, notamment dans la Déclaration du Millénaire, dans le Consensus de Monterrey et dans la Déclaration et le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg en favorisant l’utilisation des produits, réseaux, services et applications qui reposent sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) et d’aider les pays à surmonter la fracture numérique. La société de l’information envisagée dans la Déclaration de principes sera réalisée avec la collaboration des États et de toutes les parties prenantes, solidaires ».

Au-delà du processus diplomatique mondial et des documents qui ont été adoptés, le SMSI et son processus préparatoire ont surtout été des occasions pour faire passer des positions et avoir des pratiques de réseau. Les coulisses du SMSI ont permis tant au niveau des États que de la société civile d’établir des rencontres, des rapprochements, des positions communes, et ce sera là son apport essentiel, après la prise de conscience internationale des enjeux.

Le Sommet mondial des Villes et des Pouvoirs Locaux sur la Société de l’Information, qui s’est déroulé à Lyon les 4 et 5 décembre 2003, en est l’exemple par excellence.

Pourquoi un Tour de France des Territoires pour la Société de l’Information ?

Le Tour de France des Territoires pour la Société de l’Information qui s’est déroulé en 2003 est une illustration des réseaux possibles, de la valeur des contributions territoriales à un monde en mutation, pour construire et non subir la mondialisation.

L’objet du Tour de France a été de recueillir en région les suggestions, réflexions, débats et bonnes pratiques liées aux TIC et à la Société de l’Information.

Il est apparu nécessaire d’élargir le débat au-delà des interlocuteurs traditionnels et de faire entendre la voix des acteurs territoriaux de la société de l’information.

C’est dans cette optique qu’AdmiNet France a initié le Tour de France des Territoires pour la Société de l’Information qui s’est inscrit dans le cadre de la participation de la France au Sommet Mondial pour la Société de l’Information.

Le site du Tour de France des Territoires a permis également et permet encore aux acteurs de la Société de l’Information de prendre la parole.

Au-delà des étapes régionales qui ont été riches des expériences et débats qui s’y sont déroulés, la série de tribunes en ligne , permet aux acteurs territoriaux, fonctionnaires, élus, responsables associatifs, experts, acteurs de terrain de s’exprimer.

Écoute, promotion de la société de l’information pour tous, connaissances des enjeux, partage des expériences, valorisation des initiatives, mise en réseaux des acteurs, tels sont les principes qui président à la démarche de mise en réseaux des acteurs de terrain de la société de l’information.

Les collectivités locales et acteurs de terrain, membres de la société civile, institutions, associations et entreprises ont désormais toute leur place d’acteurs territoriaux de la société de l’information et se doivent de se mettre en réseau pour avancer vers cette terra incognita qu’est la société de demain.

La perspective de la 2e phase du Sommet, à Tunis en novembre 2005, et au-délà, doit permettre cette mise en réseau des territoires pour la société de l’information.

Philippe Batreau
Président de l’Association des Internautes Territoriaux
Directeur d’Epistrophe

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